QUE DE SCANDALES !

Nous avons tous suivi avec une grande tristesse et une émotion indescriptible, le scandale du lycée de Deido ayant causé la mort de notre jeune compatriote. Comme pour rendre les scandales plus audibles, la presse de la journée du 1er avril est riche de scandales : scandale à ciel ouvert et scandale des poteaux en bois (Info Matin), le flop des partenariats publics-privés (journal Intégration), le rapport financier qui accuse (L’Indépendant), 2 900 milliards de CFA de la CEMAC cachés à l’étranger (Le Financier d’Afrique), entre autres. Les scandales sont devenus un rituel dans notre espace public.

Pour les disciplines de journalisme, d’anthropologie et de sociologie, le scandale est un objet de recherche classique. En sciences de gestion, le scandale demeure un sujet de recherche plus délicat. Étudier un scandale, le comprendre et l’analyser ne va pas de soi. Bien plus, dans un environnement marqué par une inflation de fake news, il est risqué d’aborder le scandale comme un objet de recherche. En effet, défini comme un fait public troublant et contradictoire qui met un obstacle à la croyance collective et sème par là même la dissension (Blic et Lemieux, 2005), le scandale nourrit des ragots et fait vendre les journaux. Il s’oppose à une transgression dont l’indignation est portée par un groupe ou plusieurs groupes et relayée pour la connaissance du grand public. Il puise donc sa substance dans la grande médiatisation qui lui fait écho, animé par un individu ou un groupe d’individus qui utilisent ce moyen pour s’opposer à une contrevaleur. Dans cette perspective, la scandalisation est considérer comme un rite de purification dont l’objectif est de rejeter collectivement un comportement inacceptable au plan social.

Pour autant, le scandale est une réalité tant pour les organisations qui cherchent à saisir les opportunités de développement qu’il présente, que pour celles qui sont menacées par de nouveaux évènements de même nature que l’évolution sociale nous impose. Le scandale est alors considéré comme un précieux outil de découverte de vulnérabilités organisationnelles. Il est un précurseur de changement et de réforme. Le scandale de DEIDO dévoile sans doute la défaillance de plusieurs politiques dont l’examen est un exercice nécessaire. En attendant, l’intuition et le bon sens commandent de questionner la politique de la petite enfance (l’homme qu’on est tributaire de l’enfant qu’on aura été), les politiques sociales visant à résorber la délinquance juvénile, le personnel social (en qualité et quantité), la politique de la famille (la recrudescence des enfants nés hors mariage et vivant sans encadrements efficace, la recrudescence des familles monoparentales nécessitent sans doute des dispositifs d’accompagnement adéquat), la pauvreté ambiante et la politique de planning familial, la politique de l’éducation.  Le concept de politique (à la différence de stratégie et programme qui en découlent) est utilisé à dessein.

Oui le scandale de Deido est ignoble tout autant que les autres scandales. Toutefois, tous sont porteurs de bonnes nouvelles : celles qui imposent des réformes structurelles. Il est alors recommandé de ne pas se contenter des solutions conjoncturelles ou au pire de la banalisation émotionnelle qu’ils entraînent. Il faut plutôt s’engager à mener des réformes structurelles pour corriger les dysfonctionnements et prévenir les scandales dans les autres organisations. Cela permet d’anticiper sur les potentiels scandales grâce à une analyse des vulnérabilités organisationnelles dévoilées par ceux actuels. Car en effet, derrière ou en dessous de chaque scandale réside un ou plusieurs problèmes de gestion. Il convient de disposer d’outils pour les analyser et prendre les décisions idoines.

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