Année 2021… ça passe ou ça casse !

« Les espaces de réflexion libres et neutres sans complaisance facilitent l’émergence de connaissances qui pourraient permettre d’améliorer les politiques publiques »

Cher(e)s ami(e)s l’année 2021 s’annonce difficile. Après une année 2020 de décroissance, en grande partie à cause de la pandémie à covid-19 dont la persistance inquiète plus d’un, la perspective de croissance envisagée par différents experts en 2021 est menacée. La Covid-19 est encore là, elle n’est pas pressée de s’en aller. Elle fait craindre au mieux une stagnation, au pire une décroissance plus forte que celle de 2020. En plus, l’environnement est marqué par des crises sécuritaires, politiques, sociales et environnementales. La combinaison de ces évènements présente l’inconvénient d’asphyxier l’économie. Elle dessine le spectre d’une crise économique et financière particulièrement virulente. Mon objectif n’est pas de faire peur ou de promettre le pire en ces temps où il faut plutôt adresser des meilleurs vœux. Il est question d’amorcer cette année en étant conscient des enjeux, des défis qui, plus que par le passé, sont de nature à hypothéquer notre avenir et celui des générations futures.

Vous l’avez compris, je suis très inquiète. Je le suis plus parce qu’il ne transparait pas une conscience résiliente qui oblige à rompre avec nos habitudes laxistes (faible anticipation, faible réaction, une innovation embryonnaire dans tous les domaines et une soumission aux instructions et aux très hautes instructions). Non, l’environnement administratif ne peut plus se satisfaire de ce type de fonctionnement. Il faut réinventer notre mode d’organisation à tous points de vue ! La hiérarchie doit être repensée, les procédures revisitées, les libertés accordées. Sur le plan des changements à induire, l’administration gagnerait à se rapprocher des bénéficiaires, les évaluations doivent être plus régulières et la communication de masse doit s’accentuer. Il est plus que temps de rassurer, de séduire, de convaincre, de promettre et surtout d’engager les bénéficiaires aux défis à affronter. La puissance publique jadis célébrée ne peut plus faire valoir ses « muscles ». Ils sont devenus trop flasques avec le temps et les épreuves !

En ce qui nous concerne, nous continuerons tout au long de cette année à proposer des pistes d’amélioration dans le domaine de la gouvernance qui nous passionne. Ce blog fonctionnera comme un réservoir d’idées, d’analyses voire de critiques. En cela, je vous prie de croire à ma conviction : nous ne sommes pas obligés d’être d’accord sur tout et avec tout le monde, il peut arriver que les idées divergent sans pour autant s’exclure mutuellement.

Pour réussir ce challenge, nous devons combattre trois démons : le premier est de considérer que la pensée doit être contrôlée par les pouvoirs publics et les décideurs publics/politiques dominants ; le deuxième est de croire que « penser ou faire de la recherche est un luxe ». Certains exigent d’ailleurs des actions concrètes estimant que la pensée est loin du terrain, n’est que rhétorique et philosophique. Faux ! Je leur rétorque que c’est elle qui façonne le terrain et engage les changements. Sans elle, c’est la gestion par intuition, forcément par la faute et la complaisance. Le troisième démon à combattre est de convaincre les élites politiques que les experts ne sont pas leurs ennemis et que la critique portée sur leur mode de gouvernance indique simplement qu’il peut exister d’autres moyens plus efficaces de gérer les affaires publiques. Il s’agit pour eux d’admettre que les espaces de réflexion libres et neutres sans complaisance facilitent l’émergence de connaissances qui pourraient leur permettre d’améliorer les politiques publiques.

BONNE ANNÉE 2021 !

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