BE PRESENT : L’évaluation des gestionnaires publics camerounais. Halte à la dérive médiatique !

Il est connu depuis Adam Smith (1776) que le dirigeant est très souvent porté vers ses intérêts au détriment de ceux de l’entreprise et globalement de toutes les autres parties prenantes. C’est ce qui qui justifie l’ensemble des règles, mesures, organes de décision, d’information et de surveillance mis en place pour le contrôler. Ainsi, le triste spectacle de dénonciation et contre dénonciation entre journalistes et dirigeants d’entreprises questionne la qualité de la régulation assurée par ces organes. Bien qu’il soit vrai que les journalistes en tant que contribuables et/ou parties prenantes indirectes aient des comptes à demander aux gestionnaires publics il convient de reconnaitre que les « procès » par médias interposés souvent assimilables à des dénonciations sans véritables analyses sont loin de rendre compte de cette légitime revendication de reddition des comptes des dirigeants. Ce phénomène suscite une principale question : Qui évalue les gestionnaires ?


La réponse est claire, tout le monde évalue le gestionnaire public : le gestionnaire lui-même, les clients, les fournisseurs, les employés, les supérieurs hiérarchiques, les pairs, les spécialistes, la société (dans laquelle on retrouve les journalistes). L’intérêt accordé à cette dernière catégorie d’évaluateur nous rappelle que l’opinion qu’une société légitime ou non l’importance de certains rôles sociaux et affecte nécessairement la performance des acteurs qui les assument. Or, au Cameroun, nous avons du matériel très riche à apporter à un tel thème de recherche.
D’une part, à titre d’ex-sujets britanniques et français, nous ressentons en nous-mêmes les tensions des cultures française et britannique. En nous, l’éthique protestante livre bataille à la joyeuse indiscipline latine et à la séculaire horreur catholique de l’argent. En nous, le pragmatisme anglo-saxon confronte l’esprit cartésien « fin causeur ».
D’autre part, nous effectuons actuellement une révolution plus tranquille mais non moins significative que celle des années 1960 d’après l’indépendance. Ces années étaient marquées par la « camerounisation » des cadres à l’époque de l’Etat providence. Viennent ensuite les années de crises (1986-2000) et les mesures d’ajustement structurel dont les conséquences économiques et sociales vont valoriser le rôle du gestionnaire. La valorisation du rôle de gestionnaire par la société s’opère à des niveaux qui vont du très superficiel au très profond. La pression est alors de plus en plus forte, l’exigence d’exemplarité et d’excellente supplante celle de la simple performance.

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1 réponse

  1. Analyse pertinente DG, nous sommes fières de ta présence et ta constance dans le débat public.
    Effectivement, la liberté d’information doit prévaloir en tout temps, pas celle de désinformation. D’ailleurs il n’y a pas que les gestionnaires des sociétés publics pour en payer les frais, de paisibles citoyens, que dire, le journaliste lui même est quelque fois accroché par ses pairs… Au fait sans vouloir dédouaner qui que ce soit, il serait intéressant de se poser la question suivante: QUELS SONT LES VRAIS AUTEURS DE LA DÉSINFORMATION ET POURQUOI? Le récit du publicitaire Edward Bernays m’a édifiée à ce sujet.

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