L’urgence d’un nouveau modèle de gouvernance: du modèle princier au modèle d’efficience!

Le communiqué de la session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC signé le 25 octobre 2018 est clair: la crise actuelle demande une action concertée et bien structurée des pays de la zone CEMAC. C’est en des termes à peine voilés qu’il révèle les exigences de rigueur et l’urgence de mener toutes les réformes structurelles prévues dans le programme avec le FMI. Les termes de fermeté sont sans équivoques: la conférence des Chefs d’Etat instruit les ministres en charge des négociations et de suivi avec le FMI à faire montre d’une détermination sans faille dans la mise en œuvre des réformes indispensables au redressement économique de la sous région. Cette phrase dissimule en effet une crainte ou une alerte dont les conséquences pourraient être désastreuses. Il apparait également que les dispositifs nationaux de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ne sont pas très efficaces. Les Chefs d’Etat recommandent alors la mise en œuvre du plan d’action du Groupe d’Actions contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Centrale (GABAC). Cinq autres recommandations ont été formulées à l’endroit des institutions de la CEMAC pour une plus grande efficacité.
Quel que soit le bout par lequel vous lisez ce communiqué, il n’échappe à personne que les problèmes de gouvernance sont au cœur des processus envisagés. Si les réformes structurelles exigées sont importantes, il convient à mon sens d’envisager un nouveau modèle de gouvernance dans nos pays. En effet, il serait illusoire d’espérer des changements avec le modèle actuel plus communautaire que basé sur l’efficience. En effet, ce modèle tire ses racines des leviers anciens dont les conditions de succès s’alimentaient de l’abondance des ressources naturelles. Ceci est davantage vrai pour les pays fortement dépendant des ressources naturelles. Il convient donc de passer d’un modèle d’exploitation des ressources (modèle princier, modèle d’héritage naturel) à un modèle d’efficience (gains issue d’une combinaison optimale des ressources rares, et pour une part non négligeable, des ressources issues de l’endettement).
Il s’agit d’un changement de paradigme qui demande courage et leadership. Il est question d’envisager des réformes difficiles, qui fâchent, pour lesquelles les soulèvements sociaux sont inévitables!!! Mais c’est le prix à payer pour sortir de l’impasse…

A propos @dd-Iko

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2 réponses

  1. Vicky

    Réaction assez pertinente
    En effet au delà du structurel,faut envisager un profond changement systémique,qui malheureusement risque d être ou est à l évidence très douloureux.
    Le prix à payer hélas !!

  2. OndouaBiwoléAndré

    Les dirigeants de la sous Région sont – ils à la hauteur de tels enjeux? Ont – ils la culture de la gestion efficace des soulèvements sociaux par d’autres moyens que la répression? Permettez moi d’en douter. On ne met pas du vin neuf dans de vielles outres!

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