Réforme des entités publiques : quel bilan trois ans après ?

Réforme des entités publiques : quel bilan trois ans après ?

12 juillet 2017 – 12 juillet 2020, trois ans que la réforme des entités publiques est engagée. Au moment d’amorcer la quatrième année, il convient de réaliser un bilan sans complaisance des trois premières années.

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Bonne lecture !

2 commentaires

  1. Un bilan de la mise en oeuvre des réformes des entités publiques après 3 ans s’inscrit, il me semble, dans une logique de recherche de la performance de ces structures. S’il l’on peut saluer le fait que cet exercice soit proposé par le Pr. Viviane Ondoua Biwolé, il est tout de même déplorable qu’aucune auto-évaluation ne soit rendue publique par les entités publiques elles-mêmes.

    L’auteur de ce bilan indique en conclusion que « les principaux défis concernent la gestion du temps (accélérer la réforme), la rupture avec l’inertie due à la bureaucratie et l’agilité des dirigeants et acteurs sociaux des entités publiques ». Pour aborder dans le même sens, je préciserai qu’après observation sur le terrain, une alternative est visible : soit les dirigeants sociaux ne comprennent pas comment leurs rôles doivent être implémentés sur le terrain (qui du DG ou du PCA a compétence sur quoi ? Que peut faire un DG sans attendre le Conseil d’Administration ? Que ne devrait pas faire un PCA au risque de bloquer l’action légale ou statutaire d’un DG ? Etc.) ; soit ils le comprenne parfaitement mais sont malheureusement vampirisés par les esprits jacobins et montagnards qui caractérisent toute organisation extrêmement centralisée et dont la prise d’initiatives et le dynamisme sont des luxes que le manager général ne peut s’offrir, au risque de subir les foudres du système ou de leurs parrains dans le système. Dans les deux cas, c’est la performance qui est sacrifiée sur la table des intérêts particuliers des réseaux.

    Par ailleurs, s’il est admis avec l’auteur du bilan que la contribution au Trésor Public sous forme de dividendes pour les entreprises publiques est effectivement le but général recherché par la réforme (étant entendu que plusieurs autres buts spécifiques sont également retenus à l’instar de la promotion du Made in Cameroon), il est difficile de soutenir que « cette contribution s’effectue (…) à travers des économies de coûts » pour les établissements publics. En effet, ces derniers pour être performants au sens des lois de 2017, décrets de 2019 et décisions de 2020 sur les entités publiques, doivent présenter des réalisations budgétaires les plus élevées possibles. A plus de 100 milliards FCFA de budget, les dirigeants sociaux des établissements publics sont jugés les plus performants, classés en catégorie 1 et cela se répercute dans leurs rémunérations. Il ne s’agit donc pas de faire des « économies de coûts mais plutôt de bâtir et réaliser des programmes et projets susceptibles de mobiliser les ressources budgétaires les plus élevées. Il faut plutôt faire de « l’optimisation des coûts ».

    Au demeurant l’auteur du bilan interpelle une fois de plus les parties prenantes ou acteurs de l’environnement des entités publiques aux préoccupations de performance. Il me semble que la formation managériale, au-delà des autres formations (administration civile, magistrature, médecine, journalisme, sociologie, anthropologie, droit, etc.) acquises par les dirigeants sociaux de nos entités publiques est plus que recommandée pour, non seulement être au rendez-vous de la performance, mais également éviter d’être au rendez-vous avec le TCS, quand bien même le dirigeant aura été de bonne foi et doué de bonnes intentions dans sa gestion.

    Joseph Désiré Okala Edoa

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