NOTE DE CONJONCTURE SUR LES ENTITÉS PUBLIQUES. TIRER AVANTAGE DES SCANDALES !

« Toute personne qui pense fortement fait scandale. »

Honoré de Balzac

« Le premier scandale provient de celui qui fait le mal, et non de celui qui le raconte. »

Étienne Pasquier

« Ce qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue. »

Simone de Beauvoir

Le scandale ne serait pas seulement intéressant du point de vue de la dénonciation. Il révèle les ignorances managériales à déceler et à corriger, et participe ainsi à l’amélioration du fonctionnement des organisations. On s’attendrait donc que les scandales suscitent des réformes conjoncturelles ou structurelles selon l’ampleur de la situation.

En ce sens, le scandale est une source d’apprentissage qui permet une remise en question et la correction d’un dysfonctionnement organisationnel. C’est cette fonction réparatrice et pédagogique du scandale qui est valorisée dans la note de conjoncture hebdomadaire que je vous propose pendant deux mois (soit 8 analyses) sur la vie des entités publiques au Cameroun à travers les publications dans mon blog. Cette note de conjoncture part de l’hypothèse que chaque scandale cache un problème de gestion, une méprise des textes réglementaires ou un comportement opportuniste visant à tirer avantage d’une violation flagrante des procédures. Son objectif est de les détecter, de les analyser et d’en tirer des leçons.

Un scandale est un fait public troublant et contradictoire qui met un obstacle à la croyance collective et sème par là même la dissension (Blic et Lemieux, 2005). Les scandales nourrissent des ragots et font vendre les journaux. En effet, ceux qui décident de rendre un scandale public visent à recruter des alliés afin de repousser la transgression dévoilée. Ils contribuent à leur manière à rejeter les comportements déviants. Ainsi, certains scandales d’impacts dévastateurs peuvent être « étouffés » et d’autres, parfois de moindres importances, grossis et largement diffusés grâce aux médias. Au demeurant, qu’elle soit petite ou grande, la transgression est révélatrice de problèmes de gestion, de comportements ou de valeurs déviants. Personne n’est dupe ! Le scandale est un construit social. Il met en scène trois acteurs clés : les hommes politiques ou publics (des personnes en responsabilité astreintes à des comportements éthiques irréprochables), les acteurs du secteur privé ou de la société civile (qui détiennent un certain pouvoir d’expertise et d’évaluation) et les médias (qui ont l’avantage de l’exposition au grand nombre). Notre objectif est didactique et vise à tirer avantage du scandale comme outil d’amélioration des organisations.

La nécessité de cette note, malgré la publication d’un ouvrage collectif sur le sujet, des tribunes diverses et des formations spécifiques, trouve sa source dans la résurgence des conflits entre les dirigeants et membres des organes sociaux des entités publiques (cas de Camair-Co, de l’ART, du Matgenie) et la sollicitation récurrente de ceux-ci pour une appropriation de la réforme. La première note qui sera publiée demain porte sur le cas de l’actuel de l’ART.

Pr Viviane Ondoua Biwolé

Enseignante Université Yaoundé II

Cell: 00 (237) 699908728
Blog : http://www.vivianeondouabiwole.com

ResearchGate :https://www.researchgate.net/profile/Viviane_Madeleine_Biwole

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