IL FAUT DES RÉFLEXIONS CONSTRUCTIVES AU SUJET DE LA COVID-19. Notre rôle comme enseignante chercheure

Celui qui n’aura pas entendu parler de la Covid-19 n’est certainement pas résident de notre planète terre. Depuis décembre 2019, il ne se passe pas un seul jour sans qu’un habitant du monde ne soit contaminé par le vilain virus. La pandémie parle d’elle-même, elle n’a besoin ni de relais ni de loupe. Elle circule, elle se fait voir et s’invite sans permission dans notre intimité. Comme si ça ne suffisait pas, elle a le mérite d’occasionner des morts (de plus anonymes au plus célèbres), de créer des problèmes diplomatiques (retrait des pays de l’OMS, conflits ouverts entre les USA et la Chine), de bouleverser les protocoles de recherche (polémique autour de la chloroquine). Plus dramatique et contrairement à ses prédécesseurs, elle a plombé l’économie.

A cette date, il n’est pas possible de parler d’elle au passé. En Chine, bien qu’en baisse, elle ne semble pas avoir quitté le pays ; en Europe elle tarde à être maîtrisé bien que le pire ait été vécu ; en Afrique elle semble amorcer son pic. Au Cameroun et dans plusieurs pays africains, nous pourrions encore la côtoyer jusqu’au mois d’octobre au moins, malgré tous les efforts fournis.

Souhaitons que ce ne soit pas le cas. Certains experts du domaine de la santé nous confirment que cette pandémie finira un jour comme les autres, qu’elle n’est pas la plus meurtrière en Afrique. Ils nous rappellent que le paludisme reste la première cause de mortalité en Afrique au Sud du Sahara. Toutefois, le mode de contamination du coronavirus est la raison de sa virulence et ses conséquences sur les échanges sociaux et commerciaux sont dommageables. En la comparant aux autres maladies de l’Afrique, elle n’a pas d’égale au regard de son impact sur l’économie. C’est la raison pour laquelle elle doit être rapidement traquée et éliminée.

Pendant que les spécialistes de la santé se concentrent sur la recherche d’un protocole de traitement et un vaccin, ceux de l’économie, du management, de l’anthropologie, sociologie, mathématiciens entre autres, mènent également de réflexions visant à mieux comprendre l’impact de cette pandémie et à suggérer des actions conséquentes. C’est dans cette perspective que mes collègues de l’université d’Omar Bongo du Gabon, de l’université de l’université de Yaoundé II et moi avons engagé une réflexion sur les effets de la Covid sur le comportement des acteurs et sur les entreprises. Le résultat de cette réflexion sera disponible à la fin du mois de juin. Par ailleurs mes collègues de l’université de Yaoundé I (faculté de médecine), d’épicentre et de Yale université aux USA et moi, avons sollicité du MINSANTE et obtenu l’autorisation du comité éthique de mener une étude sur Reinforcing Leadership for healthcare managers In the Efforts to Fight COVID-19 (RELIEF COVID-19) : a district-level leadership intervention to improve the epidemic response. La fondation Friedrich Ebert quant à elle m’a retenue pour mener une étude sur l’impact de la pandémie de la covid 19 sur l’emploi au Cameroun ; regard sur la situation de la femme et l’action syndicale. Cette dernière étude sera disponible le 30 juin.

Il m’a semblé opportun de me concentrer sur le phénomène de la Covid-19, au regard de ses conséquences à la fois sanitaire, économique, sociale, culturelle et diplomatique. Notre contribution scientifique sur le sujet présente l’avantage de son ancrage local et de la démarche qualitative recommandée dans l’analyse approfondie des phénomènes. Notre mois de juin sera donc riche en réflexions et débats, je compte sur vous pour y prendre part afin d’améliorer les pratiques dans nos organisations et d’influencer positivement les décisions des responsables publics et politiques.

8 commentaires

    1. Bonjour PR. Merci des analyses que vous faites sur les problématiques que nous impose la covid-19. Vivement que les autorités puisses prêter une oreille attentive aux recommandations issues des ces recherches.

  1. Positionnements et engagements pertinents etbimpressionnants. Comment être contributeur si on est aussi acteur (peu importe si c’est de moindre dimension) de contribution à une réponse / riposte plus globale et concertée?

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