Il y a des cérémonies qui distribuent des prix. Il y en a d’autres qui distribuent une direction. Samedi dernier, à Douala, la 19e édition de la cérémonie de l’Excellence Scolaire, organisée par Monsieur Nana et la Papeterie NONO, a clairement choisi son camp : celui d’une jeunesse qu’on ne félicite pas seulement, mais qu’on outille, qu’on interpelle et qu’on met en mouvement.
Et pour porter ce message, une femme : la Professeure Viviane ONDOUA BIWOLÉ, marraine de cette édition. Sans doute l’une des plus marquantes que l’événement ait connues en dix-neuf ans d’existence.
Une tradition qui a fait ses preuves
Depuis 2015, Monsieur Nana, promoteur de la Papeterie NONO, a fait de la reconnaissance du mérite scolaire une affaire personnelle. Chaque année, il ouvre les candidatures à tous les lauréats des établissements primaires et secondaires de toutes les villes du Cameroun, sans distinction, et récompense ceux qui se sont illustrés dans les différents centres d’examen et qui déposent un dossier pour la circonstance. Une initiative qui, édition après édition, s’est transformée en véritable rituel, porté à chaque fois par un parrain ou une marraine choisi pour incarner l’esprit de la cérémonie.
Dix-neuf ans plus tard, l’initiative n’a rien perdu de son souffle, bien au contraire. Cette année, les lauréats primés ont été majors dans toutes les séries au Baccalauréat et au GCE A-Level, et majors dans l’ensemble des filières scientifiques. Un palmarès particulièrement relevé, avec un fait qui mérite d’être souligné : cette édition a exclusivement récompensé des jeunes filles, dans toutes les catégories. Une performance qui, à elle seule, dit quelque chose de la jeunesse camerounaise d’aujourd’hui.
Primes financières, ordinateurs, sacs, cahiers, stylos, rames de papiers : les récompenses remises ne relevaient pas du symbole. Elles avaient pour vocation de donner aux lauréates des outils concrets pour poursuivre leur parcours et, comme le veut la tradition de la maison, elles étaient accompagnées, pour les meilleurs de chaque catégorie, de l’ordinateur qui ouvre à un tout autre niveau d’ambition.
Sous le ciel de Douala, une émotion à la hauteur de l’événement
L’ambiance, racontée le lendemain par les participants, a été à la mesure de l’enjeu. Une petite frayeur, d’abord : le ciel a menacé de gâcher la fête. Mais la pluie s’est arrêtée dès le lancement de la cérémonie, laissant place à l’Excellence en pleine effervescence.
L’une des lauréates de cette édition, invitée à témoigner, n’a pas caché son émotion : surprise d’avoir été sélectionnée pour incarner le prix spécial instituer cette année le prix « Pr Viviane Madeleine ONDOUA BIWOLÉ », elle a dit sa reconnaissance envers la Papeterie NONO, rappelant que cette distinction « ouvre des portes » et encourage à « travailler toujours mieux ». Un mot est revenu plusieurs fois dans les témoignages recueillis ce jour-là : la fierté des parents, en particulier des mères, dont l’investissement quotidien (financier autant qu’émotionnel) a été explicitement salué comme faisant, lui aussi, partie de la récompense.
Car c’est bien là l’un des messages implicites de cette 19e édition : primer un enfant, c’est aussi honorer ceux qui l’ont accompagné jusque-là.
Pourquoi elle ? Le choix qui en dit long
Choisir une marraine n’est jamais un exercice anodin. Monsieur Nana, en expliquant son choix devant l’assistance, n’a pas mis en avant un titre ni une fonction. Il a mis en avant un acte.
Ce qui l’a le plus marqué dans le parcours de la Pr Viviane ONDOUA BIWOLÉ, a-t-il confié, c’est qu’elle n’ait jamais cherché à s’accrocher à un poste. Son départ de l’Institut Supérieur de Management Public (ISMP), après neuf années passées comme directrice générale adjointe, dans un environnement où, selon ses propres mots, « les gens ne démissionnent pas », a été perçu comme une preuve d’intégrité et de responsabilité rare. Un second élément est venu conforter ce choix : son engagement constant en faveur de la gouvernance publique, à travers ses propositions, ses recherches et son travail de terrain.
Deux marqueurs, donc, qui disent beaucoup de la personnalité que Papeterie NONO a voulu placer devant sa jeunesse : non pas une figure d’autorité distante, mais une professionnelle qui a choisi, à plusieurs reprises, la compétence et l’intégrité plutôt que le confort d’une position acquise.
C’est cette lecture qui a inspiré le slogan retenu pour l’édition : « Professeure Viviane Ondoua Biwolé, mon rêve ! » : une phrase que la principale intéressée a reçue, dans son propre discours, avec autant d’émotion que de gravité, rappelant que devenir une référence pour un jeune n’est pas seulement un honneur, mais une responsabilité.
Une marraine de terrain, pas de tribune
Ce que la cérémonie de samedi a également révélé, c’est une facette moins institutionnelle de la Pr Ondoua Biwolé. Venue spécialement de Paris pour être présente à l’heure, elle s’est distinguée, selon les témoignages recueillis sur place, par une proximité rare avec les lauréates : échangeant avec chacune, se prêtant volontiers aux photographies, dansant même avec la toute première lauréate de l’édition au moment de la remise des prix. Un animateur présent sur les lieux ira jusqu’à la qualifier de « marraine la plus relax » que l’événement ait connue en dix-neuf ans.
Elle a aussi participé en offrant une prime spéciale à la jeune fille qui incarne son prix cette année autant qu’au parcours symbolique de la flamme de l’Excellence, portée par le porte-flambeau depuis un carrefour de la ville jusqu’au site de la cérémonie. Un moment fort, chargé de sens, qui a laissé une trace.
Cette proximité n’a rien d’anecdotique. Elle est cohérente avec le message central de son discours : la réussite ne se mesure pas à la distance que l’on prend avec les autres, mais à la capacité que l’on garde à rester accessible, disponible et exemplaire.
Ce qu’il faut retenir de son discours
Le discours prononcé par la Pr Viviane ONDOUA BIWOLÉ à l’occasion de cette 19e édition mérite qu’on s’y attarde. Loin d’un exercice protocolaire, elle a construit une intervention structurée autour d’une question simple posée d’entrée de jeu à l’assistance : entre une prime financière, des cahiers et un ordinateur, que choisiriez-vous ?
De cette interrogation presque ludique, elle a tiré une leçon plus sérieuse : chaque récompense a sa valeur propre. La prime répond à un besoin immédiat, les cahiers organisent la pensée et préparent les examens, l’ordinateur ouvre une fenêtre sur le monde. Mais, a-t-elle averti avec malice, « posséder un ordinateur ne rend pas automatiquement plus intelligent » : tout dépend de l’usage qu’on en fait.
Elle a ensuite mis en garde les lauréates contre ce qu’elle a appelé un piège : croire que la récompense du jour marque une arrivée, alors qu’elle ne signale, selon ses mots, qu’un commencement. « Elle ne vous dit pas : vous êtes arrivées. Elle vous dit : vous avez bien commencé. Maintenant, continuez. »
Interpellée personnellement par le slogan de l’édition, elle a pris soin de le nuancer, invitant les jeunes à ne pas chercher à devenir elle, mais à devenir « la meilleure version » d’elles-mêmes. Un passage marquant de son intervention est revenu sur son propre parcours : de l’enseignement et de la recherche à l’inspection générale au ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative, puis à la direction générale adjointe de l’ISMP pendant neuf ans, jusqu’à la direction, depuis 2024, du Programme de formation en gestion de la politique économique de l’Université de Yaoundé II, dont elle est la première femme à assumer la direction depuis sa création. Elle n’a pas manqué de rappeler que ces fonctions ne racontent ni les heures de préparation, ni les sacrifices, ni les erreurs corrigées en chemin — et qu’une fonction, en tout état de cause, « n’est jamais une propriété personnelle ».
Elle a également évoqué, sans en faire un simple exercice de mémoire, son engagement au-delà des salles de cours : à travers le cabinet OBIV Solutions et son ouvrage 101 femmes de l’émergence du Cameroun. Faits troublants, elle a voulu rappeler une évidence : le pays ne manque pas de femmes compétentes, encore faut-il leur ouvrir les espaces où se prennent les décisions.
Un moment fort de son adresse a été réservé aux jeunes filles présentes, qu’elle a exhortées à refuser les paroles qui les enferment, tout en les prévenant que « l’ambition sans le travail reste un simple souhait ». Elle est allée plus loin en invitant les lauréates à ne pas avancer seules : partager les informations utiles, recommander une camarade compétente, et surtout, ne jamais refermer une porte derrière soi une fois qu’on l’a franchie. « La réussite ne se mesure pas seulement à la hauteur que l’on atteint. Elle se mesure aussi au nombre de personnes que l’on aide à s’élever. »
Elle a enfin tenu à saluer les parents et enseignants, rappelant que la récompense du jour leur revient aussi, pour avoir semé sans toujours savoir quand viendrait la récolte, avant de conclure en laissant aux lauréates trois verbes comme feuille de route : Apprenez. Osez. Transmettez. et de proposer un prolongement au slogan de l’édition : « L’excellence, mon choix. Le travail, mon chemin. Une vie utile, mon rêve. »
Un prix qui portera désormais son nom
Fait marquant de cette édition : un prix spécial baptisé « Prix Pr Viviane Madeleine ONDOUA BIWOLÉ » a été institué par Papeterie NONO à cette occasion. Une distinction qui ne s’éteindra pas avec la fin de la cérémonie : comme l’a souligné l’un des animateurs présents, « même si la professeure n’est pas avec nous, elle sera toujours avec nous d’une façon ou d’une autre ». Ce prix vient ancrer durablement, au sein de l’écosystème éducatif que Papeterie NONO anime depuis 2015, les valeurs d’intégrité, de compétence et de responsabilité incarnées par sa marraine.
Une cérémonie sans complaisance
La fête n’a pas fait l’impasse sur la rigueur du processus. Un membre du jury a profité de la cérémonie pour rappeler aux parents que les relevés de notes falsifiés ne trompent jamais le jury, les bulletins étant systématiquement recoupés avec les codes officiels. Un rappel qui, loin de ternir l’ambiance, a plutôt fait écho, presque en miroir, au message central de la marraine : le travail et l’intégrité ne se contournent pas.
Rendez-vous est pris
Dix-neuf éditions, une place entière en effervescence, des majors exclusivement féminines, un discours qui dépasse largement le cadre protocolaire, un prix désormais gravé au nom de sa marraine : la cérémonie de l’Excellence Scolaire Papeterie NONO restera, à bien des égards, un jalon.
Nous invitons nos lecteurs à parcourir la galerie photo de cet événement, disponible sur nos plateformes, pour revivre en images ces instants : les visages des lauréates, la joie des parents, la flamme de l’Excellence portée à travers les rues, et cette proximité rare entre une marraine et une jeunesse qui, désormais, a un prix à son nom pour continuer à rêver.















































