Dans l’océan des contre-performances, que nous enseignent les entreprises qui réussissent ?

Une statistique n’est jamais qu’un chiffre : elle révèle une réalité. Selon le rapport 2022 de la Commission Technique de Réhabilitation (CTR), sur les 64 entreprises et établissements publics analysés, seules 28 % sont réellement performantes. Mes travaux antérieurs se sont longuement arrêtés sur les entités publiques dont les contre-performances sont décriées depuis plus de dix ans. L’intuition selon laquelle celles-ci présentent des caractéristiques fonctionnelles qui les y prédisposent vient d’être confirmée par une analyse scientifique publiée en juillet 2026 dans la revue française RISO. Cet article, intitulé « Management du capital humain dans les entreprises publiques camerounaises : un essai de théorisation et de modélisation », que j’ai co-écrit avec mon collègue économiste le Pr Kobou, montre que le management du capital humain y repose largement sur des logiques politico-communautaires, loin des seules exigences de rentabilité économique. Le modèle conceptuel que nous y proposons confirme que, dans un contexte de grande diversité communautaire, l’analyse du management ne saurait se réduire à la seule norme économique ce qui explique, en creux, qu’une partie des contre-performances observées soit attribuable à une optimisation insuffisante du capital humain.

Pourtant, dans ce même environnement et sous la pression du même contexte, certaines entités publiques se démarquent. La CTR elle-même les qualifie d’entreprises « à fort potentiel » plutôt que de les qualifier simplement de performantes, nuance importante, puisque produire des résultats positifs ne signifie pas encore fonctionner à son plein potentiel. L’objet de cette analyse est d’identifier ce qui distingue, sur le plan fonctionnel, cognitif et contextuel, ces entités qui réussissent de la majorité qui échoue.

Même contexte, résultats opposés : que nous apprennent les entreprises qui réussissent ?

Méthode : une photographie 2022, actualisée pour deux cas

L’analyse documentaire a été privilégiée, en s’appuyant sur des données officielles et fiables du gouvernement, notamment celles de la CTR (2022) et, pour les audits d’ALUCAM et de la SCDP, celles de la Chambre des comptes. La période de référence est instantanée : l’année 2022 pour la majorité des entités, mais la fenêtre 2018-2022 pour ALUCAM et la SCDP, la CTR n’ayant pas produit de rapport après 2022. Les audits de la Chambre des comptes, publiés en 2026, offrent ainsi l’opportunité d’actualiser les données de ces deux entreprises déjà suivies. Il en ressort un contraste net : quand la SCDP présente des performances positives et consolidées, ALUCAM demeure une entreprise en difficulté. Je ne retiens donc, dans le détail qui suit, que l’analyse de la SCDP.

Au 31 décembre 2022, 18 entreprises et établissements publics réunissent les trois critères de performance retenus par la CTR : un résultat d’exploitation positif, un résultat net positif et des capitaux propres positifs, soit 28 % des 64 entités rapportées. Aucun indicateur unique ne résume à lui seul cette performance : le classement qui suit présente, pour chacune, des données objectives (chiffre d’affaires, résultat net, marge nette, dividendes) classées par résultat net 2022, la mesure retenue par la CTR. Un tri par marge nette ou par dividendes réordonnerait sensiblement le tableau, comme on le verra.

18 entreprises sur 64 réunissent les trois critères de performance : à peine plus d’une sur quatre

Le classement des 18 entreprises performantes

Classement par résultat net 2022 (données CTR). Montants en milliards de FCFA ; marge nette rapportée au chiffre d’affaires. Le symbole † signale une entité identifiée par la CTR comme présentant un « risque d’endettement élevé ». Les dix-huit entités affichent des capitaux propres 2022 positifs.

RgSigleSecteurCA 2022 (Md)Rés. net (Md)Marge netteDiv. (Md)
1CNPSPrévoyance sociale240.2376.2931,8 %0
2CAMTEL †Télécoms177.989.165,1 %0
3PADTransport maritime69.757.8511,2 %2.00
4SODECOTON †Agro-industrie186.915.963,2 %1.41
5CFCÉts financiers6.584.8373,4 %0
6PAKTransport maritime22.783.7116,3 %0
7ADCTransport aérien34.133.239,5 %0
8EDCÉlectricité10.643.1129,2 %0
9SONATRELÉlectricité62.352.814,5 %0
10SCDPHydrocarbures24.442.7311,2 %1.00
11CHCHôtellerie12.232.0917,1 %0.71
12SNIHolding public4.400.8920,1 %0.44
13CNCCTransport maritime6.800.537,8 %0
14LABOGENIEGénie civil / BTP4.280.245,6 %0
15MAETUR †Habitat / BTP3.640.236,4 %0
16SICHabitat3.370.236,7 %0
17SOPECAMÉdition5.880.152,5 %0
18CPCSanté, recherche3.370.061,8 %0

Deux lectures se complètent. Par le résultat net, la CNPS domine très largement le classement : ses 76,3 Md FCFA représentent 61,5 % des 124,1 Md FCFA cumulés par les dix-huit entreprises, loin devant CAMTEL (9,16 Md) et le Port Autonome de Douala (7,85 Md). Par la marge nette, en revanche, l’ordre change : le Crédit Foncier (73,4 %, sous l’effet de produits financiers), la CNPS (31,8 %) et EDC (29,2 %) viennent en tête. Cinq entreprises seulement versent un dividende à l’État (le PAD, la SODECOTON, la SCDP, la CHC et la SNI) pour un total de 5,57 Md FCFA.

Un bémol s’impose cependant : la CTR signale que la SODECOTON, CAMTEL et MAETUR présentent, malgré leur place dans ce classement, un niveau d’endettement inquiétant (signalé par le † dans le tableau). Si l’on exclut ces trois entités du décompte des entreprises pleinement performantes, leur nombre tomberait à 15 sur 64, soit environ 23 % plutôt que 28 %, un écart qui mérite d’être vérifié auprès de la CTR avant toute reprise publique de ce chiffre, tant il est sensible aux critères d’exclusion retenus.

Une précision importante : Certains peuvent être étonnés de ne pas voir la SNH dans ce tableau comme une entreprise publique performante. Les 18 « entreprises performantes » proviennent exclusivement de l’« Essai de classement des entreprises à potentiel » du RSEP 2022 de la CTR. Or, dans ce rapport, la SNH ne fait pas partie des entités analysées et classées. La section hydrocarbures du RSEP 2022 ne couvre que la CSPH, la SONARA et la SCDP ; la SNH n’y apparaît que comme actionnaire (elle détient des participations dans la SCDP, TRADEX, COTCO, etc.), sans fiche ni notation propre. N’ayant pas été notée, elle ne pouvait pas figurer dans le classement. La SNH a un statut particulier : société nationale des hydrocarbures, mandataire de l’État dans le secteur pétrolier et gestionnaire des recettes pétrolières, elle est suivie et auditée par des canaux distincts (rattachement à la Présidence, reporting spécifique) et échappe à la revue de portefeuille ordinaire des EEP.

La CNPS à elle seule : 61,5 % du résultat net cumulé des 18 entreprises performantes

Les ressorts de la performance

Quatre marqueurs distinguent structurellement les entreprises de tête : un endettement maîtrisé, une masse salariale inférieure à la valeur ajoutée produite, une gouvernance conforme aux textes (32 entités ont respecté en 2022 les délais légaux de tenue des conseils d’administration, contre moins de dix en 2019) et des capitaux propres solides (CNPS : 739,9 Md ; PAD : 151,5 Md ; SIC : 146,3 Md ; CAMTEL : 142,0 Md). Le tableau suivant reprend les seuils que la CTR utilise pour qualifier chacun de ces indicateurs.

Indicateur (seuils CTR)FaibleMoyenÉlevéTrès élevé
Liquidité générale (AC/PC)≥ 21,51,25≤ 1
Solvabilité (DLMT / cap. propres)≤ 0,511,5≥ 2
Marge nette (RN / CA)≥ 0,20,10≤ −0,1
Performance fin. (CA / ch. expl.)≥ 1,51,251≤ 0,75
Poids dette État (fisc.+soc. / passif)≤ 0,20,30,4≥ 0,5

Rapportés à l’ensemble du portefeuille public, ces marqueurs prennent tout leur relief. Le chiffre d’affaires global progresse légèrement (+1,96 %), mais la valeur ajoutée consolidée recule de 35 % et l’excédent brut d’exploitation de 52 % par rapport à 2021, signe que la performance des dix-huit entreprises de tête tranche nettement avec la tendance du reste du portefeuille. La dette à court terme globale atteint 2 179,3 Md FCFA, dont près d’un quart de dette fiscale.

Agrégat consolidé du portefeuille public — exercice 2022 (RSEP, CTR)

Chiffre d’affaires global1 514,8 Md FCFA (+1,96 %)
Valeur ajoutée consolidée−35 % vs 2021
Excédent brut d’exploitation−52 % vs 2021
Dette à court terme globale2 179,3 Md FCFA
dont dette fiscale574,9 Md FCFA (24,9 %)
dont dette sociale114,4 Md FCFA (5,24 %)

Dette maîtrisée, masse salariale contenue, gouvernance conforme, capitaux propres solides : les quatre marqueurs de la performance

Un rendement global qui reste faible

Ces performances individuelles ne doivent pas masquer la faiblesse du rendement d’ensemble de l’actionnariat public. Le tableau ci-dessous, établi à partir des données exposées par la Chambre des comptes, en donne la mesure.

Portefeuille de l’État — exposition et rendement

Participations directes de l’État1 926,2 Md FCFA (38 contrôlées + 12 non contrôlées)
Subventions décaissées 2020-2025749,3 Md FCFA (26 entreprises)
Emplois directs51 725
Dividendes versés à l’État (2024)55,85 Md FCFA
Rendement des participations (2024)2,92 %

Le retour financier reste modeste : en 2024, neuf entreprises sur quarante-neuf seulement ont versé un dividende, pour un total de 55,85 Md FCFA, soit un rendement de 2,92 % sur des participations directes de 1 926,2 Md FCFA. Étendre à l’ensemble du portefeuille les ressorts de performance identifiés plus haut est précisément la condition d’un meilleur rendement pour l’État.

1 926 Md FCFA investis, un rendement de 2,92 % : l’écart entre le potentiel et le réel

La SCDP : une santé financière certifiée

L’audit de la Chambre des comptes portant sur les exercices 2018 à 2022 permet d’actualiser et de certifier la trajectoire de la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP).

Indicateur (SCDP)20182019202020212022
Chiffre d’affaires (Md FCFA)16,7617,0620,1322,6024,44
Résultat net (Md FCFA)1,521,721,412,322,73
Capitaux propres (Md FCFA)33,4534,7735,5337,3539,28
Rentabilité économique (RN/actif)2,43 %2,51 %1,95 %2,86 %3,09 %
Rentabilité financière (RN/FP)4,55 %4,96 %3,96 %6,22 %6,94 %
Liquidité générale (AC/PC)0,991,010,981,011,02

Le chiffre d’affaires progresse de 45,9 % entre 2018 et 2022, le résultat net demeure positif chaque exercice, et les rentabilités économique et financière sont en progression constante : respectivement 3,09 % et 6,94 % en 2022. La liquidité générale se maintient au-dessus de 1 depuis 2019. Un seul point de vigilance ressort de cet audit : le ratio de solvabilité (fonds propres rapportés au passif) recule de 0,53 à 0,44 sur la période, les dettes financières de la société passant de 2,7 à 13,5 Md FCFA. À l’inverse, et je le signale ici sans m’y attarder puisque cette analyse se concentre sur les cas positifs, l’audit de la Chambre des comptes confirme qu’ALUCAM demeure une entreprise en difficulté.

SCDP : chiffre d’affaires en hausse de 45,9 % en cinq ans, résultat net positif chaque année

Une curiosité scientifique : les profils des dirigeants

L’analyse des profils des dirigeants des dix-huit entreprises performantes fait apparaître une curiosité scientifique qui mérite d’être signalée, sans qu’on en tire de conclusion hâtive à ce stade : l’ensemble des dirigeants de ces entreprises est affilié au parti au pouvoir, le RDPC. Ce constat ne constitue toutefois pas, en soi, un facteur distinctif de la performance, puisque les dirigeants des entités contre-performantes appartiennent, pour l’essentiel, au même parti. Cette réalité mériterait une analyse dédiée, que je me propose de conduire dans une prochaine publication. Les profils de ces dirigeants n’en demeurent pas moins contrastés sur d’autres critères (genre, formation de base, origine régionale et secteur d’activité) qu’il convient à présent de détailler.

Les dix-huit entreprises les plus performantes comptent 54 postes de direction (18 PCA, 18 DG, 18 DGA). Trois postes de DGA sont vacants (à la CNPS, à la SODECOTON et au Crédit Foncier, dont le titulaire est décédé en 2025) et deux entreprises n’ont pas de poste de DGA établi, la CHC et EDC.

Genre : la place des femmes

FonctionFemmesHommesPoste vacantSans DGA% femmes*
PCA4140022,2 %
DG5130027,8 %
DGA112327,7 %
Ensemble10393220,4 %

* « Poste vacant » : poste de DGA existant mais non pourvu actuellement (CNPS, SODECOTON, CFC). « Sans DGA » : entreprise sans poste de DGA établi (CHC, EDC). Le pourcentage de femmes porte sur les seuls postes pourvus.

Une direction sur cinq est confiée à une femme. La présence féminine est plus marquée à la direction générale (5 postes) et à la présidence des conseils d’administration (4 postes) qu’au poste d’adjoint (1 seul poste). Cinq entreprises ont une femme à leur direction générale : CAMTEL, la SCDP, la SOPECAM, la SNI et le Centre Pasteur du Cameroun, ce dernier réunissant un trio de direction entièrement féminin.

Une direction sur cinq est confiée à une femme

Formation de base

Filière de formation de basePCADGDGA
Administration publique852
Technique / ingénierie466
Économie / gestion / droit343
Santé (médecine)211
Communication (journalisme)111
Non renseigné010
Poste vacant003
Sans DGA002

Les conseils d’administration sont majoritairement présidés par des profils issus de l’administration publique : administrateurs civils, inspecteurs du Trésor ou des postes. Les directions générales et leurs adjoints font une place plus large aux ingénieurs et aux profils techniques, cohérents avec la nature des secteurs d’infrastructure représentés. On relève par ailleurs des profils sectoriels spécialisés : des médecins à la tête des entités de santé et de recherche (CNPS, Centre Pasteur, ADC), des journalistes à la direction des médias (SOPECAM).

Formation en management

Le diplôme de base des dirigeants permet d’identifier ceux dont la formation relève spécifiquement de la gestion. Cinq postes de direction sont dans ce cas :

Dirigeant (fonction, entité)Formation de gestion / management
Célestine Ketcha Courtès (PCA, SIC)Diplôme universitaire en gestion
Maurice Enama Fouda (DG, CHC)Diplôme universitaire en gestion
Véronique Manzoua Moampea Mbio (DG, SCDP)Diplôme universitaire en gestion
Gabriel Eteki Ebokolo (DGA, SCDP)Diplôme universitaire en gestion
Alphonse Ondoa Onana (DGA, SNI)Diplôme universitaire en gestion

Les entreprises sans poste de DGA (CHC, EDC) et les postes de DGA vacants (CNPS, SODECOTON, CFC) ne sont naturellement pas concernés par ce décompte. Pour les autres dirigeants, la formation de base relève d’autres filières : administration publique, ingénierie, économie, santé ou communication.

Origine régionale

Grande airePostes*Détail par région (nombre de postes)
Grand Sud39 (80 %)Centre 10, Littoral 9, Sud 7, Ouest 6, Nord-Ouest 3, Sud-Ouest 2, Est 2
Grand Nord8 (16 %)Nord 4, Adamaoua 2, Extrême-Nord 2
Origine étrangère2DG du Centre Pasteur (CPC) et de la CHC (Hilton)

* Sur 49 postes pourvus à origine connue (hors 3 postes vacants et 2 entreprises sans DGA). Grand Nord = Adamaoua, Nord, Extrême-Nord.

La géographie des dirigeants est déséquilibrée : le Grand Sud regroupe 39 des 49 postes à origine connue, le Centre (10) et le Littoral (9) en tête, quand le Grand Nord n’en compte que 8. Deux dirigeants sont d’origine étrangère : les directeurs généraux du Centre Pasteur du Cameroun et de la CHC (Hilton).

Le Grand Sud concentre 80 % des postes de direction pourvus

Secteur d’activités

Secteur d’activitéEntreprises
Transport, port, aéroport, naval4 (ADC, CNCC, PAD, PAK)
Finances, banque, immobilier, habitat4 (CFC, MAETUR, SIC, SNI)
Énergie, hydrocarbures, eau3 (EDC, SCDP, SONATREL)
Santé, sécurité sociale, recherche2 (CNPS, Centre Pasteur/CPC)
Communication, médias, télécom2 (CAMTEL, SOPECAM)
Industrie, commerce1 (CHC/Hilton)
BTP, génie civil1 (LABOGENIE)
Agriculture, élevage, pêche1 (SODECOTON)

Détail par entreprise

Pour chaque fonction : genre (H/F), origine régionale et formation de base. « n.r. » signifie non renseigné ; « Poste vacant », un poste existant mais non pourvu ; « Sans DGA », une entreprise sans poste de DGA.

SigleSecteurPCA (genre · région · formation)DG (genre · région · formation)DGA (genre · région · formation)
CNPSSantéF · Adamaoua · Admin. civilH · Sud · Insp. TrésorPoste vacant
CAMTELCommunicationH · Adamaoua · Insp. PTTF · Littoral · ÉconomieH · Sud · Ingénieur
PADTransportH · Nord-Ouest · IngénieurH · Est · Admin. civilH · Littoral · Ingénieur
SODECOTONAgricultureH · Sud · Admin. civilH · Nord · IngénieurPoste vacant
CFCFinancesH · Sud · Admin. civilH · Centre · Admin. civilPoste vacant
PAKTransportH · Littoral · Admin. civilH · Sud · StatisticienH · Centre · Droit
ADCTransportH · Littoral · MédecinH · Centre · IngénieurH · Centre · Admin. civil
EDCÉnergieH · Sud-Ouest · IngénieurH · Ouest · IngénieurSans DGA
SONATRELÉnergieH · Centre · ÉconomieH · Ouest · Admin. civilH · Sud · Ingénieur
SCDPÉnergieH · Ouest · DémographeF · Sud · GestionH · Centre · Gestion
CHCIndustrieF · Nord · ÉconomieH · Étranger · GestionSans DGA
SNIFinancesH · Littoral · Admin. civilF · Nord · ÉconomieH · Centre · Gestion
CNCCTransportH · Centre · Admin. civilH · Littoral · Admin. civilH · Extrême-Nord · Ingénieur
LABOGENIEBTPH · Nord-Ouest · IngénieurH · Ouest · IngénieurH · Littoral · Ingénieur
MAETURFinancesH · Extrême-Nord · Admin. civilH · Littoral · n.r.H · Sud-Ouest · Admin. civil
SICFinancesF · Ouest · GestionH · Nord · IngénieurH · Ouest · Ingénieur
SOPECAMCommunicationH · Est · JournalisteF · Centre · JournalisteH · Nord-Ouest · Journaliste
CPCSantéF · Littoral · MédecinF · Étranger · MédecinF · Centre · Médecin

Formations abrégées : « Admin. civil » = administrateur civil ; « Insp. Trésor » = inspecteur principal du Trésor ; « Insp. PTT » = inspecteur des postes et télécommunications.

En guise de bilan

La performance, dans le secteur public camerounais, n’a donc rien d’accidentel : elle repose sur des ressorts identifiables et reproductibles : maîtrise de l’endettement, discipline salariale, gouvernance conforme aux textes, solidité des capitaux propres. Mais elle demeure, à ce stade, l’exception plutôt que la règle : à peine plus d’une entité sur quatre y parvient, et le rendement global du portefeuille public reste, à 2,92 %, très en retrait de ce que ces dix-huit entreprises donnent à voir individuellement. Étendre ces pratiques à l’ensemble du portefeuille (et non se contenter de les constater chez quelques champions) est la condition d’un meilleur retour pour l’État et, en définitive, pour le contribuable.

Cette analyse laisse enfin ouverte une question que je n’ai fait qu’effleurer : celle du poids des logiques d’appartenance politique et communautaire dans la nomination de ces dirigeants, que mes travaux avec le Pr Kobou situent au cœur du management du capital humain des entreprises publiques camerounaises. Je m’y consacrerai dans une prochaine publication.

Référence citée : Ondoua Biwolé, V. & Kobou, G. (2026), « Management du capital humain dans les entreprises publiques camerounaises. Un essai de théorisation et de modélisation », RISO, n° 2, 2026, p. 50-80.

Pr. Viviane ONDOUA BIWOLÉ, professeure titulaire des universités, experte en gouvernance et management public.

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