La mission du FMI d’octobre 2026 offre l’occasion de revisiter nos avis depuis le lancement du programme en 2017. Son constat : le Cameroun présente un profil résilient mais fragile.
Des progrès existent : réforme des finances publiques, digitalisation au service de la capture fiscale, croissance positive. Mais la croissance reste insuffisante et le rythme comme le coût de l’endettement inquiètent. Les réformes accusent aussi du retard : compte unique du Trésor, interventions directes persistantes de la SNH, projets structurants inachevés. La dette intérieure, supérieure à 3 500 milliards FCFA, crispe en outre le climat des affaires.
Les chocs extérieurs ne peuvent pas tout justifier : les causes internes sont déterminantes. Entre 2017 et 2024, seize billets publiés sur mon blog défendent une même thèse. Le succès du programme dépend moins des agrégats macroéconomiques que de la gouvernance et du capital humain qui portent les réformes.
Ma rencontre avec la mission en octobre 2026 me conforte dans cette idée : le problème du Cameroun n’est ni économique ni technique, il est politique. Il tient au choix des responsables sur la base de leurs compétences, aux arbitrages d’investissement, aux priorités et à la gouvernance. Multiplier les solutions techniques face à un problème politique reste vain.
Une urgence s’impose : boucher les trous sources de pertes sèches, à commencer par les subventions chroniques aux entreprises publiques. À court terme, l’illusion d’une situation maîtrisée peut durer. À moyen terme, le pays risque de revivre les restrictions des années 1980-1990 : réduction des effectifs de la fonction publique et modernisation forcée de l’administration.
Le document joint au présent post résume mes propositions de 2017 à 2024. Les développements postérieurs n’ont rien apporté de nouveau.